Au Pakistan, au moins 74 morts dans l’incendie d’un train de passagers

Au moins 74 passagers ont péri dans l’incendie d’un train, jeudi, au Pakistan. L’incendie aurait pris après l’explosion d’une bonbonne de gaz apportée à bord par des passagers qui auraient tenté de cuisiner.

Un incendie, à bord d’un train de passagers a fait au moins 74 morts, dont de nombreux pèlerins, et plus de 40 blessés, jeudi 31 octobre au Pakistan, a déclaré la ministre provinciale de la Santé, Yasmin Rashid.

Les flammes ont été éteintes dans la matinée tandis que les secouristes et les pompiers s’activaient dans les voitures carbonisées encore fumantes.

Les blessés sont en cours d’évacuation vers les hôpitaux de la région, a-t-elle ajouté, précisant que seuls 18 des personnes tuées avaient pu être identifiés à ce stade.

Le train, qui était en marche lorsque le feu s’est déclaré, s’est immobilisé dans une zone rurale du district de Rahim Yar Khan, dans la province du Pendjab, au centre du Pakistan.

Certaines des victimes ont péri ou se sont blessées à la tête en sautant du train en feu, a déclaré Muhammad Nadeem Zia, directeur de l’hôpital de Liaquatpur, la ville la plus proche.

Une bonbonne de gaz apportée par un passager

« Une bonbonne a explosé et je ne sais pas comment le feu s’est propagé partout », raconte Muhammad Imran, un blessé transporté à l’hôpital de Rahim Yar Khan. « J’ai sauté du train pour sauver ma vie, il y avait tout un groupe de gens derrière moi qui poussaient ».

« Terrible tragédie dans un train Tezgam (du nom de la ligne reliant les villes de Rawalpindi et Karachi) avec l’explosion d’une bonbonne de gaz apportée par un passager. Prières et condoléances aux familles des victimes », a réagi la ministre pakistanaise des Droits humains Shireen Mazari.

Des médias locaux ont rapporté que des passagers étaient en train de se cuisiner un repas lorsque la bonbonne a explosé.

Trois voitures, deux de classe économique et une de classe affaires, ont pris feu après l’explosion de deux bonbonnes de gaz utilisées par des passagers pour faire la cuisine, a confirmé Ali Nawaz, un haut responsable des chemins de fer pakistanais, précisant que le transport de matériaux inflammables est interdit à bord des trains.

La plupart des victimes sont des pèlerins du sud du pays. Ceux-ci se rendaient à un grand rassemblement religieux annuel à Raiwind, près de Lahore (est).

Le festival qu’ils comptaient rejoindre, le Tablighi Ijtema, l’un des plus importants au Pakistan, commence jeudi. Jusqu’à 500 000 participants venus de tout le pays y sont attendus cette année pour trois journées de prières et de conférences.

Des prières spéciales seront prononcées en hommage aux victimes de l’incendie du train, selon un autre responsable au principal centre religieux de Raiwind.

Enquête immédiate

« Je reconnais notre erreur de ne pas avoir empêché les pèlerins d’apporter des réchauds et des bonbonnes », a déclaré le ministre Sheikh Rasheed Ahmed.

« La tradition veut que les gens se rendant à Raiwind pour le rassemblement ne soient pas empêchés d’amener des réchauds et bonbonnes à bord (des trains). Mais cela ne se reproduira pas à l’avenir », a-t-il ajouté.

« La tragédie aurait pu être évitée », avait auparavant écrit la ministre pakistanaise des Droits humains, Shireen Mazari, déplorant que les bagages des passagers soient rarement contrôlés à bord des trains.

Le Premier ministre Imran Kahn s’est dit « profondément attristé par la terrible tragédie » et a annoncé l’ouverture d’une « enquête immédiate, à compléter d’urgence ».

Les accidents ferroviaires sont fréquents au Pakistan. Le pays a hérité de son passé colonial, sous domination britannique, un vaste réseau de chemins de fer.

Mal entretenu, il est aujourd’hui décrépi après des décennies de déclin dû à la corruption, à une gestion inadéquate et au manque d’investissement.

Une collision entre deux trains dans la même zone avait fait 23 morts en juillet. Imran Khan avait alors appelé à la prise de « mesures d’urgence pour contrer des décennies de négligence de l’infrastructure ferroviaire ».

Avec AFP

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