Nasser Al-Khelaïfi, patron du PSG et de BeIn Media, inculpé en Suisse pour corruption

Paris Saint-Germain's Qatari president Nasser Al-Khelaifi takes a break during the 43rd Ordinary UEFA Congress on February 7, 2019 in Rome. (Photo by Andreas SOLARO / AFP)

La justice suisse a inculpé le président du PSG, Nasser Al-Khelaïfi, et l’ancien numéro deux de la Fifa, Jérôme Valcke, dans une affaire de corruption concernant “l’attribution de droits médiatiques” des compétitions de la Fifa, a annoncé jeudi le bureau du procureur général de Suisse.

La justice rattrape le président du Paris Saint-Germain, Nasser Al-Khelaïfi, et l’ancien numéro deux de la Fifa, Jérôme Valcke. Les deux hommes ont été inculpés en Suisse dans l’enquête portant sur l’octroi de droits de retransmission de plusieurs éditions de la Coupe du monde de football et de la Coupe des confédérations, a indiqué le bureau du procureur général suisse dans un communiqué, jeudi 20 février.

Selon Le Monde, le Ministère public de la Confédération suisse (MPC) a précisé que la Fifa avait toutefois retiré sa plainte – déposée fin 2016 – à l’encontre de Nasser Al-Khelaïfi. Ce retrait concerne les accusations de corruption active et passive entre Nasser Al-Khelaïfi et Jérôme Valcke en lien avec l’attribution de droits TV de divers événements, en échange de l’octroi d’avantages.

Le MPC inculpe Jérôme Valcke de “corruption passive, de gestion déloyale multiple et qualifiée et de faux dans les titres”, tandis que Nasser Al-Khelaïfi et un autre homme, actif dans le domaine des droits sportifs mais dont la justice suisse ne donne pas le nom, sont accusés d'”instigation à la gestion déloyale qualifiée commise” par l’ancien secrétaire général de la Fifa. Ce troisième homme est aussi accusé de “corruption active”.

Nasser Al-Khelaïfi “satisfait”

Réagissant à l’annonce, le patron du PSG s’est dit “satisfait” de l’abandon d’une partie des accusations qui pesaient contre lui.

“Je suis satisfait que toutes les accusations de corruption en lien avec les Coupes du monde 2026 et 2030 aient été abandonnées”, a-t-il réagi dans un communiqué transmis à l’AFP. “Même si une seconde accusation demeure, je suis persuadé qu’il sera prouvé qu’elle est sans fondement.”

“Il est désormais admis que le contrat relatif aux droits médias des Coupes du monde 2026-2030 a été négocié et conclu dans le respect de toutes les règles applicables”, assure l’avocat de Nasser Al-Khelaïfi, Me Mangeat, dans Le Monde. “Notre client n’est plus accusé que d’une seule et unique infraction : d’avoir incité Jérôme Valcke à ne pas restituer à la Fifa de prétendus avantages. Cette accusation manque de sérieux. Elle n’a du reste été mentionnée pour la première fois que le 2 décembre 2019, à la surprise de toutes les parties, n’a pas été instruite, et notre client n’a jamais pu s’exprimer à son sujet.”

Les avocats du patron du PSG comptent plaider l’acquittement.

Villa en Sardaigne

Selon le bureau du procureur, Jérôme Valcke a, entre 2013 et 2015, fait usage de son influence comme secrétaire général de la Fifa “pour influencer en faveur de partenaires médiatiques de sa préférence les processus d’attribution de droits médiatiques, pour l’Italie et la Grèce, de différentes Coupes du monde de football et Coupes des Confédérations de la Fifa dans la période de 2018 à 2030”.

L’enquête a révélé qu’il a obtenu des avantages indus des deux co-accusés, comme le remboursement d’un acompte d’environ 500 000 euros qu’il avait versé à des tiers pour une villa en Sardaigne, ce après l’achat de la villa par Nasser Al-Khelaïfi, via une société.

Jérôme Valcke a ensuite obtenu du président du PSG le droit de jouissance exclusif de la villa pour une période de 18 mois au total – jusqu’à sa suspension de la Fifa en 2015 – sans s’être acquitté d’un loyer d’une valeur estimée entre environ 900 000 et 1,8 million d’euros.

L’ancien numéro deux de la Fifa, par ailleurs suspendu dix ans par l’organisation faîtière du football mondial pour d’autres faits de corruption, a également reçu du troisième homme trois paiements d’une valeur totale de 1,25 million d’euros via sa société Sportunited Sarl.

La justice suisse lui reproche de s’être “enrichi de manière illégale” et de ne pas avoir annoncé les “avantages” reçus à la Fifa, “se comportant ainsi de manière contraire à ses devoirs dans le cadre de son activité de secrétaire général” de l’organisation.

Avec AFP et Reuters